Liens rapides : aurores : Norvège 2025 partie 1, partie 2, Norvège 2017 , Esterel 2024, Marseille 2024
Suite à un impressionnant sursaut énergétique émis par la tache solaire AR 3848, une importante éjection de masse coronale (CME) a quitté le Soleil pour venir entrer en interaction avec le champ magnétique de la Terre dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 octobre 2024. Il s'est produit une tempête géomagnétique de grande ampleur atteignant par moment le niveau G4 (tempête sévère). L'indice KP est monté à 8 dès le début de soirée, il était accompagné d'un indice BZ de -20. Un KP élevé et un BZ franchement négatif sont des critères garantissant qu'une aurore peut devenir visible depuis les latitudes européennes méridionales. Évidemment, je n'ai pas manqué d'aller tenter ma chance. Pour chasser les aurores je me suis rendu à la Batarelle Haute, sur les hauteurs de Marseille, au pied des collines du massif de l’Étoile. Mais il m'aura fallu beaucoup de patience avant d'être récompensé par un spectacle céleste somptueux.
Tout a commencé vers 20h, en compagnie de Florian et Vincent nous surveillons l'horizon nord en quête d'aurore boréale. Les sites spécialisés nous annoncent que nous sommes passés dès la tombée de la nuit en phase de tempête géomagnétique sévère et l'indice KP grimpe subitement. Pourtant sur les poses photos nous ne percevons pas grand chose de probant. Il nous faudra attendre près d'une demi-heure avant de deviner sur les images une discrète lueur rosée au dessus de l'émetteur de l’Étoile.
Puis la lueur a diminué et l'aurore a disparu. Plusieurs dizaines de minutes plus tard, une forte condensation rouge a subitement surgi de l'horizon, elle paraît entourer un arbre d'un halo de feu. De petites colonnes claires sont également devinables à côté du pin.
Alors que nous pensions que cette apparition indiquait que le spectacle allait démarrer, le phénomène s'est à nouveau atténué jusqu'à disparaître. Ne voyant plus rien venir, nous décidons de rentrer à la maison.
Plus tard dans la soirée, je sors sur mon balcon faire quelques images et effectivement, l'horizon nord apparaît tout rouge au dessus des immeubles voisins. Malgré la pollution lumineuse de mon quartier qui m'empêche d'apprécier correctement le spectacle, l'aurore semble intense et étendue. Il ne m'en faut pas beaucoup plus pour me décider à prendre la route et remonter au pied du massif de l’Étoile pour faire des photos dans de meilleures conditions, avec moins de pollution lumineuse et de lumières gênantes. A mon arrivée, je lance de nouvelles poses photo et je m'aperçois que l'aurore a encore changé, elle ressemble maintenant à une grande arche rougeâtre, qui surplombe les montagnes en direction du nord.
Petit à petit ils prennent de l'ampleur. Un sorte d'écharpe rouge filamenteuse se développe au nord-ouest et s'étend au fil des minutes.
L'aurore évolue rapidement, elle gagne en contraste et montre à l'écran une succession de petites colonnes, un véritable code barre !
L'écharpe filamenteuse devient progressivement un véritable éventail rouge vif, à ce stade la teinte de l'aurore commence à être bien visible à l’œil nu, l'horizon nord s'embrase.
Les colonnes blanches les plus lumineuses sont elles aussi visibles à l'oeil nu, elles évoluent très vite !
Une nouvelle colonne est apparue. Brillante et très longue, elle est très spectaculaire.
L'aurore continue de prendre de l'ampleur, je ne suis pas au bout de mes surprises ! L'éventail rouge gagne en hauteur et en vigueur, même à l’œil nu le spectacle est magnifique.
Le phénomène grandit, le halo rouge monte désormais jusqu'à l'étoile Polaire ! Les aurores boréales sont rouges lorsque les particules chargées du vent solaire entre en interaction avec l'atmosphère très haut en altitude, généralement quand elles sont en interaction avec les atomes d'oxygène: entre 250 et 400 kilomètres au lieu de 100 à 250 km d'altitude pour les vertes.
Vers 1h30 rien ne semble freiner l'expansion de l'aurore, j'ai face à moi un véritable mur rouge. Par contre elle semble progressivement se diluer et perd en contraste.
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Superbes photos et article!
RépondreSupprimerAhhh, quelle nuit !!! Félicitations pour tes images dans de telles conditions de lumières... J'ai le bonheur d'accéder à des endroits épargnés par la pollution lumineuse, sur les hauts de Manosque. J'étais sur place de 20:30 à 03h45 !!! Plusieurs "salves" de reçues. Mais la plus forte et incroyable après 01h00 et 01h45 grosso modo. 2 boitiers photos avé trépieds... Et un pic-nic et des gâteaux secs qui m'ont bien soutenus ! . Mais, pour moi, la nuit du 10 au 11 mai restera la plus fantastique même si celle-ci était remarquable... Amitiés. JP
RépondreSupprimerSalut Jean-Pierre !
RépondreSupprimerOui, quelle nuit incroyable ! C'est effectivement entre 1h et 1h30 que le spectacle a été le plus beau. Je me suis fais violence pour tenir jusque là car avec la Fête de la science on a une très grosse semaine de boulot au planétarium, mais çà en vallait franchement le coup !
J'imagine que tu as dû également faire de belle photos avec ton nouvel A7s :) Sous un beau ciel sans pollution lumineuse çà a dû être quelque-chose. J'ai vu quelques photos prises depuis le plateau de Valensole, c'était très spectaculaire.
Sinon je suis d'accord avec toi, cette aurore n'était pas au niveau de celle du 10 mai, mais elle était quand même très belle. Puis cette fois-ci j'avais l'appareil photo sous le coude, c'est quand même plus sympa qu'à l'I-phone :)
Amitiés